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Actu franco-britannique

Syrie : trois orphelins londoniens coincés dans des camps islamiques

Milan Tinnirello,

Article publié le 15 octobre 2019. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Archives Londres Magazine

Ils s’appellent Amira, Heba et Hamza. Leurs parents sont morts à la guerre pour l’Etat Islamique. La seule chose dont ils se souviennent, c’est Londres.

« Je voudrais manger des framboises et aller au centre commercial ». Amira, 10 ans, est toute seule avec ses deux frères en Syrie. Dans une vidéo pour la BBC, la jeune fille s’exprime sur ses conditions de vie, et ce qu’elle a traversé à cause de cette guerre. « A Baghouz, on dormait dans des tentes. Un jour, ils ont lâché une bombe sur une tente et nous avons dû partir en vitesse » continue la jeune fille, d’une voix cassée. Dans le nord de la Syrie, des milliers d’enfants sont abandonnés à leurs sorts dans des camps d’orphelins par leurs parents, partis faire la guerre. Le cas de ces trois enfants est spécial car ils sont londoniens et anglais. Amira a vécu à Londres jusqu’à ses cinq ans. Dans le reportage, elle raconte son ancienne vie londonienne avec nostalgie. « J’allais au parc, chez ma grand-mère, à la fête foraine » dit-elle tristement. Aujourd’hui, la jeune Anglaise ne se souvient même plus du prénom de sa grand-mère…

Les politiques tirent la sonnette d’alarme

« Ces enfants ne peuvent pas être étiquetés coupables pour les crimes de leurs parents… Nous devons les ramener à la maison ». Le député anglais conservateur Tom Tugendhat, président de la commission des Affaires étrangères, alerte le gouvernement sur le sort des orphelins, dommages collatéraux de la guerre syrienne. Le député libéral démocrate aux Affaires étrangères, Chuka Ummuna rejoint le partisan de Boris Johnson sur ce point : « le gouvernement devrait commencer par ramener ces enfants à la maison » a-t-il souligné, hier. Alors que la France et l’Australie ont déjà rapatrié des femmes et des enfants des camps islamiques dans leur territoire, le Royaume-Uni se penche sur la question. Une porte-parole du gouvernement anglais s’est exprimée sur le sujet : « Les enfants britanniques dans les camps syriens sont des victimes innocentes, nous allons examiner tous les cas où il nous a été demandé une assistance » a-t-elle annoncé. En attendant, le correspondant de la BBC Quentin Sommerville donne des nouvelles des trois orphelins : « pour le moment, ils sont en sécurité ».