Bien manger, le nouveau défi de la Grande Bretagne
Article publié le 4 juillet 2019. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Depuis peu, le Royaume-Uni est confronté à un problème de surpoids inquiétant. Il commence à mettre des actions en place afin de protéger sa population des maladies et conséquences environnementales de ce phénomène.
Obésité et tabagisme, même combat ? Cancer Research UK tire la sonnette d’alarme. La charity a appelé le gouvernement à “mettre fin de l’épidémie”. L’obésité serait responsable de plus cas de cancer des ovaires ou du foie que la cigarette. Un combat qui, pourtant, commence à être mener de front par les autorités.
Février 2019, le métro londonien a banni les publicités de fast food de son enceinte. Révolution ou juste retour des choses ? Le syndrome « eat healthy » se propage sur les écrans comme dans les rues, tenant tête au fast food et plats tout préparés mais l’annonce vient au goût du jour, un problème sanitaire majeur. La Grande Bretagne détient en Europe, le taux d’obésité le plus élevé alors que la France arrive en dernière place du classement. En effet, 25% des enfants sont en surpoids contre 60% chez les adultes. Et 20% de la population globale est dite « obèse ». Ces chiffres ne cessent d’augmenter ces dernières années. Et ces informations ont des conséquences puisqu’elles entraînent des frais de santé importants. Ce mal manger pourrait devenir à long terme la première cause évitable responsable des cancers, déjà coupable à plus de 6%, juste après le tabac. Cancer research UK estime que 40% de ces maladies pourraient être évitées si les comportements alimentaires de la société évoluaient.
Pour militer contre cette épidémie qui condamne le Royaume-Uni qui présente de 90% des adultes en surpoids d’ici 2050, le gouvernement a également demandé aux restaurateurs des plats avec des portions plus petites, réduites de 20%.
Les Nations Unies depuis 2016 ont lancé un programme de sensibilisation à la santé publique. De plus en plus de pays commencent également à promouvoir le bio, local et incitent à consommer mieux et moins de viande, tout cela en prônant la protection de l’environnement. Sans surprises, les boissons sucrées comme les nectars de fruits ou les sodas ne font que dégrader la santé, et pourtant ils alimentent notre quotidien.
En 2017, une étude de la Global Burden of Disease mettait en évidence l’importance d’une alimentation saine et variée. En effet, cette même année, 11 millions de décès étaient causés par une mauvaise hygiène alimentaire contre 8 millions à cause du tabac. Les premiers responsables étant le sel et la viande en surconsommation et le manque de céréales complètes et fruits pour l’organisme.
La consommation d’alcool, trop longtemps banalisée et défendue par les Britanniques comme étant « ancrée dans les traditions » est aujourd’hui considérée comme une maladie, récurrente et facteur d’obésité, avec un apport en sucre et calories très élevé. Boire moins permet également de mieux contrôler son alimentation car, de nombreuses études semblent indiquer que consommer de l’alcool ouvre l’appétit et retarde le sentiment de satiété.
L’éducation par la sensibilisation et la prévention jouent donc un rôle majeur pour lutter contre ce phénomène alarmant et ont déjà fait leurs preuves au sein de l’Union européenne. Reste à voir s’il est possible de les appliquer davantage au sein du Royaume-Uni malgré le Brexit.