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Culture francophone

Thomas Carli Jarlier, l’art dans la peau

La rédaction,

Article publié le 22 mars 2019. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Archives Londres Magazine

Ce n’est pas un simple tatoueur, c’est avant tout un passionné d’art. Alors qu’il voyage entre la France et l’Angleterre, c’est à NR Studio London que Thomas Carli Jarlier a trouvé son pied à terre britannique. Londres Mag a rencontré celui qui donne vie à ses portraits.

Artiste avant d’être tatoueur

© Johanna Arnoult

Ce Français, né d’une mère peintre, a toujours baigné dans une atmosphère artistique. Passionné par les œuvres du tatoueur Matteo Pasqualin, qu’il admirait déjà avant de commencer sa profession, c’est il y a 7 ans, à Londres, alors qu’il étudiait à la Tech Music School, que tout a commencé pour l’artiste. Celui qui ne se retrouvait pas dans la mentalité française, s’est exilé dans cette ville « ouverte d’esprit. »

« J’ai commencé à m’intéresser à cette discipline puis à tatouer à droite à gauche pendant mes heures perdues, durant mes études. »

Son premier tatouage, comme beaucoup, c’est sur lui qu’il le fera : une petite rose gravée sur sa jambe, histoire de s’entraîner. Avec le temps, et à force de travail, il se spécialise dans la représentation de portrait.

« j’ai été une des premières personnes à utiliser l’informatique pour faire mes visuels, et en même temps une des premières à faire ce qu’on appelle des « gris couleurs » plutôt que de faire des « gris dilués » pour obtenir plus de réalisme ».

© Vasilisa Carli Jarlier

Parce qu’il se surpasse à chaque fois pour donner le meilleur de lui-même à chaque dessin, Thomas a su gagner sa place dans ce monde où la concurrence devient de plus en plus importante. Lorsqu’il n’est pas à Londres, qu’il décrit comme capitale artistique, c’est dans son propre salon, à Clermont-Ferrand que celui-ci reçoit ses clients. Ses tatouages donnent souvent une impression de réalité, de mouvement, justement parce que Thomas s’intéresse surtout à l’émotion des visages et à ce qu’ils dégagent. Influencé par les portraits que peignait sa propre mère avant lui, il se dit sûrement un peu inspiré par celle-ci, l’émotion dégagée par les œuvres italiennes l’ont aussi beaucoup touché, comme celles de Caravage entre autres.

«Chaque portrait a une émotion, et ce qui fait un visage c’est avant tout les yeux. J’aime les portraits essentiellement pour le vécu qu’ils racontent et pour l’émotion qu’il y a derrière. C’est ce qui m’intéresse dans l’art et que j’essaie de retranscrire.»

Entre culture et effets de mode

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Si le tatouage est aujourd’hui une pratique populaire, Thomas affirme qu’il y a dans la discipline des effets de mode qu’il essaie d’éviter. Très demandé, le jeune homme sait malgré tout rester humble et garder la tête froide. Avec ses plus de 300k abonnés sur Instagram et sa boîte mail pleine à craquer, Thomas se voit obligé de refuser un grand nombre de ses demandes.

« J’essaie de me concentrer sur une certaine identité graphique et visuelle et donc de rester dans le réalisme abstrait, qui mélange l’art moderne et le réalisme, surtout au niveau des portraits féminins et masculins »

Il insiste sur le fait qu’il faut savoir différencier la simple modification corporelle, l’action de se faire tatouer juste pour avoir une marque ou pour expérimenter la douleur, de la discipline artistique et de ceux qui traitent le tatouage comme une réelle forme d’art. En d’autres termes, comprendre la différence entre la simple lubie de vouloir se faire tatouer, et l’envie d’encrer l’art sur sa peau.

« De mon côté j’essaie vraiment de renvoyer l’image de l’art, de la peinture. Le tatouage est quelque chose de trop important pour se permettre de faire n’importe quoi, c’est pour cela que je suis toujours très critique de ce que je fais. »

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Un avenir 2.0

Avec l’explosion des réseaux sociaux, c’est sur la toile que les artistes tentent de faire reconnaître leur travail. Pour assurer leur promotion, Instagram reste leur plateforme fétiche. En postant des photos de leurs créations, ils attirent de plus en plus de clients en fonction de leur style, de leur talent. Thomas met cependant le doigt sur un problème important d’internet : la publicité mensongère

« Beaucoup de pièces existent sur Instagram mais pas dans la vraie vie. Certains tatoueurs veulent tellement être reconnus qu’ils essaient de montrer un travail dont ils sont incapables. Ils retouchent leurs photos avec photoshop et beaucoup de gens tombent dans le panneau. Le problème de cette plateforme aujourd’hui c’est qu’on se retrouve avec des standards qui n’existent pas, parce que la peau a ses règles. Moi j’essaie de montrer quelque chose de réaliste et je reste vrai dans ce que je poste. »

C’est une question qui ne traverse pas souvent les esprits des tatoués mais qui préoccupe les tatoueurs : De quel statut bénéficie l’artiste ? Selon Thomas, le problème de la profession en France, c’est qu’elle n’est pas reconnue comme telle. Qualifiés d’«auto entrepreneurs » en hexagone, les tatoueurs bénéficient d’un avantage en Angleterre : celui d’obtenir le statut de travailleur indépendant « C’est reconnu comme un métier artisanal, il faut cependant passer une formation hygiène». Le jeune homme explique également qu’au Royaume-Uni, il est possible, lorsqu’on exerce ce métier, d’obtenir une assurance professionnelle, chose à laquelle en France, il est beaucoup plus difficile d’obtenir, pour la simple raison que les assureurs hésitent à miser leurs cartes sur les tatoueurs.

Il ne fait aucun doute que Thomas Carli Jarlier apparaît comme l’un des meilleurs de sa catégorie, ce pourquoi vous pourrez lui confier votre enveloppe charnelle sans regrets.

[Publication intégrée : https://www.instagram.com/p/Bu4Zx9QFVZ6/?utm_source=ig_embed&utm_medium=loading]

PRATIQUE :

NR Studio London, 6 Minerva St, London E2 9EH

Noire Ink tattoo Parlour, Place de Jaude, 63000 Clermont-Ferrand, France

Johanna Arnoult

Photo de Une : © Johanna Arnoult