It is the « Chienlit » !
Article publié le 13 novembre 2020. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.
S’il avait la stature d’un De Gaule – dont on célèbre les 50 ans de la mort actuellement – c’est ce que pourrait déclarer Boris Johnson sur la situation actuelle au 10, Downing street.
Mercredi soir, Lee Cain un des proches bras droit de Johnson annonçait avec fracas sa démission au poste de directeur de la communication. Responsable de l’une des pire gestion de la communication gouvernementale concernant la pandémie actuelle, Johnson pressentait pourtant Cain au poste de « chief of Staff ». C’est la fuite de cette information qui a mis le feu aux poudres dans les rangs du Labour party comme dans celui des Tory et jusqu’à la propre compagne de Johnson, Carrie Symonds, qui considère que Cain a une mauvaise influence sur le premier ministre.
Moins de deux jours après, une source de Whitehall confirme que Dominic Cummings, conseiller principal et autre bras droit de Johnson pourrait également quitter son poste à Downing street. S’il a déclaré à la BBC que « des rumeurs selon lesquelles je menaçais de démissionner sont inventées », la même BBC cite une source de Downing Street affirmant que Cummings serait « hors du gouvernement » d’ici Noël.
Parmi les réactions à cette démission, un député a déclaré sous couvert d’anonymat au Guardian ce jour : « Ce sont des enfants. Idéologues et imbéciles obsédés par eux-mêmes ». Un autre, s’exprimant également de manière anonyme, a déclaré que le Premier ministre « devait porter la responsabilité des querelles internes à un moment aussi crucial pour le pays. Le gouvernement sous Johnson a effectué une série de demi-tours dans la pandémie, impliquant des mesures de verrouillage national, une aide aux congés, les résultats des examens et des repas scolaires gratuits. Le point de vue de nombreux collègues aujourd’hui est que nous assistons à la fin des espoir de Johnson à briguer un deuxième mandat. Il a laissé un vide au centre du gouvernement et c’est en train d’être comblé par Cummings, qui n’aime pas le Parti conservateur, et sa fiancée, qui vit au-dessus de la boutique. C’est comme le scénario d’un mauvais feuilleton. »
Downing Street a refusé de commenter le putatif départ de Cummings, mais devrait se préparer à un sérieux remaniement. Ces défections arrivent au moment où les chiffres de cas de coronavirus explosent au Royaume Unis, 33470 dénombrés ce jeudi et que le nombre de patients hospitalisés a plus que triplé en un mois selon Stephen Powis, directeur médical du NHS England. Gageons que les départs concomitants du directeur de la communication et du conseiller principal de Johnson, bras armés de la gestion calamiteuse de la crise sanitaire outre manche et architectes du Brexit, soient une bonne nouvelle : Johnson perd deux bras droits, il lui reste deux mains gauches avec lesquelles il ne peut pas faire pire.