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Actu franco-britannique

Sajid Javid accusé d’abus de pouvoir dans l’affaire Shamima Begum

Alizée Bouchet,

Article publié le 31 mai 2019. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Dans une lettre écrite par l’avocat de la famille Begum, le secrétaire d’état à l’intérieur, Sajid Javid est accusé d’avoir abusé de ses pouvoirs quand il a pris la décision d’enlever la citoyenneté britannique à la jeune Shamima.

Pour l’avocat Tasnime Akunjee, la décision prise en février dernier a été influencée par les motivations personnelles du secrétaire d’état de devenir premier ministre. Lorsqu’en février 2019, Shamima a été retrouvée dans un camp de réfugiés syriens par un journaliste britannique, cette dernière a exprimé le désir de retourner en Angleterre.

Alors enceinte de son troisième enfant, elle s’inquiétait pour sa santé et la vie qu’elle pourrait lui apporter en Syrie. Elle avait déjà perdu ses deux premiers enfants emportés par la maladie liée aux mauvaises conditions de vie.

Cependant, lorsque cette interview a été transmise, le gouvernement britannique a refusé de rapatrier la jeune fille de dix-neuf ans. Sa nationalité anglaise lui a été retirée, considérant qu’elle avait aussi la nationalité bangladeshi.

Or, dans la lettre écrite par l’avocat de la famille Begum, il est certifié que les parents de la jeune fille ne l’ont jamais enregistrée sur les registres bangladesh, qu’ils ne sont jamais allés au Bangladesh. Shamima n’a donc aucun lien direct avec ce pays. Pour l’avocat, cette décision n’est pas normale car la jeune fille est britannique, elle est née en Angleterre, a été embrigadée par l’état islamique en Angleterre. Elle doit donc être jugée en Angleterre. Surtout qu’au Bangladesh, les personnes qui sont liées à l’état islamique sont mises en prison et pendues.

De plus, dans cette lettre accusant le secrétaire d’état britannique d’avoir failli à ses fonctions, il y a aussi des accusations contre la police locale. En effet, en 2015 lorsque Shamima Begum quitte le pays, elle ne le quitte pas seule. Elle part avec deux autres camarades de son école de Bethnal Green. Toutes âgées de 15 ans et enrôlées dans l’état islamique. Cependant, elles avaient été interrogées par la police locale en décembre avant leur départ sans l’accord de leurs parents. Les familles n’étaient pas au courant de ces interrogations et ignoraient les intentions des jeunes filles. La famille de Shamima a assuré que s’ils l’avaient appris à temps ils auraient pu empêcher leur fille de partir.

Malgré son souhait de rentrer au Royaume-Uni, la jeune femme n’a aucun regret sur ses quatre années passées en Syrie. Elle dit être d’accord avec les règles sous lesquelles elle a vécu là-bas. Elle ne regrette pas son mariage. Elle ne comprend pas non plus pourquoi le gouvernement britannique la considère dangereuse car pendant ces quatre années elle restait chez elle à s’occuper de ses enfants et de la maison. Elle n’a jamais fait de propagande ou inciter les gens à devenir islamiques.